Démission sans préavis : procédure, droits et conséquences en 2026

Visuel Démission

Quitter un emploi ne se fait pas toujours dans le cadre prévu par la loi. En principe, un salarié démissionnaire doit respecter un préavis avant de quitter son poste. Mais il existe des situations où partir immédiatement, sans attendre la fin de ce délai, peut être légitime.

Dans cet article, découvrez la procédure de démission sans préavis, les cas autorisés par le Code du travail, les risques encourus et les bonnes pratiques à adopter pour éviter tout litige.

Qu’est-ce que la démission sans préavis ?

Définition et champ d’application

La démission sans préavis désigne le fait pour un salarié de quitter son emploi immédiatement, sans attendre la fin du délai de préavis prévu par son contrat ou sa convention collective.
En France, ce délai est généralement de :

  • 1 mois pour les agents de maîtrise et techniciens
  • 2 à 3 mois pour les cadres
  • 1 semaine à 1 mois pour les employés selon les secteurs

Rompre le contrat sans effectuer ce délai est en principe interdit, sauf exceptions légales ou accord entre les parties.

Différence entre préavis normal et absence de préavis

Le salarié qui démissionne « normalement » exécute son préavis jusqu’à son terme, tout en percevant son salaire. À l’inverse, une démission sans préavis met fin immédiatement au contrat : le salarié cesse toute activité dès l’annonce de sa décision. Cette rupture anticipée peut avoir des conséquences financières, notamment une indemnité compensatrice due à l’employeur.

Les bases juridiques à connaître

Article L1237‑1 du Code du travail

« Le salarié en contrat à durée indéterminée peut rompre le contrat de travail à tout moment, à condition de manifester clairement sa volonté de démissionner. »

Ce texte encadre la démission mais n’exonère pas du respect du préavis, sauf dispense prévue par la loi, la convention collective ou l’employeur.

Le rôle de la convention collective

Chaque convention fixe ses propres durées et cas de dispense. Exemples :

  • Convention Syntec : 3 mois pour les cadres, 1 mois pour les ETAM
  • Convention HCR 15 jours à 1 mois selon l’ancienneté

Situations légales de dispense de préavis

Certaines situations permettent de démissionner sans préavis :

Infographie présentant les situations permettant une démission sans préavis : grossesse, force majeure, entrepreneuriat, inexécution du contrat et accord mutuel, illustrées par des icônes autour d’une personne quittant un poste.

Dans ces cas, aucune sanction ni indemnité n’est applicable.

Demander une dispense de préavis

À la demande du salarié

Le salarié doit formuler sa demande par écrit (courrier ou e‑mail signé) en précisant la date souhaitée et le motif invoqué. L’employeur est libre d’accepter ou non.

Si l’employeur accepte, il ne peut plus revenir sur sa décision.

À l’initiative de l’employeur

L’employeur peut décider de dispenser le salarié de préavis pour réorganiser son activité. Dans ce cas, il doit verser l’indemnité compensatrice de préavis correspondant au salaire dû.

Conséquences pour le salarié et l’employeur

Si la dispense est acceptée

Aucune indemnité n’est due par l’une ou l’autre partie. Le salarié quitte son poste immédiatement, sans pénalité.

Si le salarié quitte sans autorisation

Risques principaux :

  • Perte du salaire correspondant au préavis non effectué
  • Dommages et intérêts possibles pour l’employeur
  • Perte de certaines primes ou avantages

Si la dispense vient de l’employeur

L’employeur doit payer l’indemnité compensatrice de préavis. Elle figure sur le solde de tout compte et est soumise aux cotisations sociales.


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Cas pratiques

Salariée enceinte

Une salariée enceinte peut partir sans préavis, sur présentation d’un certificat médical. Aucun dédommagement n’est dû à l’employeur.

Salarié embauché ailleurs

Le fait de trouver un autre emploi ne suffit pas toujours. Certaines conventions (HCR, BTP) prévoient toutefois des aménagements.

Employeur qui accepte ou refuse

L’employeur peut refuser la dispense. En cas de départ anticipé non autorisé, il peut réclamer le paiement du préavis manquant.

Bonnes pratiques

Pour le salarié

  • Vérifier la convention collective
  • Informer par écrit
  • Privilégier le dialogue
  • Assurer la transmission des dossiers
  • Conserver une trace écrite

Pour l’employeur

  • Répondre par écrit à toute demande
  • Sécuriser la procédure administrative
  • Préparer le remplacement
  • Anticiper les impacts RH

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Erreurs fréquentes à éviter

  • Quitter sans prévenir (assimilé à un abandon de poste)
  • Accord oral non formalisé
  • Oublier de remettre les documents de fin de contrat

Conclusion

La démission sans préavis reste une procédure exceptionnelle, à manier avec prudence. Elle doit toujours être formalisée et justifiée pour éviter tout litige.
Si vous êtes dirigeant ou responsable RH, Boost’RH vous aide à sécuriser vos ruptures de contrat et à gérer sereinement vos ressources humaines.
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Vous faites face à une démission sans préavis ?

Marjolaine N, Consultante RH et DRH à temps partagé Chez Boost’RH Groupe

marjolaine N. Experte Boost'RH

Pour notre experte, la démission sans préavis est avant tout un moment sensible qui nécessite sang-froid et méthode, en particulier côté employeur. L’erreur la plus fréquente reste la réaction à chaud, souvent émotionnelle, face à une annonce perçue comme un désengagement ou une attaque personnelle. Refus catégorique, pressions, menaces ou, à l’inverse, accords oraux non formalisés exposent l’entreprise à des risques juridiques et organisationnels importants. Elle rappelle également l’importance de vérifier systématiquement la convention collective et la situation individuelle du salarié avant toute décision, certaines situations particulières pouvant justifier une dispense de préavis.


Notre experte recommande avant tout de ralentir le tempo. Il est essentiel de demander un écrit au salarié, d’analyser le cadre légal et conventionnel, et d’évaluer les enjeux réels du préavis pour l’entreprise. Lorsqu’un départ immédiat est envisagé, la formalisation écrite de la dispense, avec une date de fin claire et des conséquences financières précisées, constitue une étape clé de sécurisation. La communication interne joue aussi un rôle central afin d’éviter tensions, rumeurs et désorganisation des équipes.


À travers son expérience de terrain, elle souligne qu’un départ rapide mais bien cadré est souvent moins risqué qu’un préavis imposé dans un climat dégradé. Une passation, même courte, et une communication transparente permettent de préserver le climat social et de limiter les risques de contentieux. Pour les dirigeants, s’entourer d’un accompagnement RH permet ainsi de transformer une situation délicate en une rupture maîtrisée, respectueuse des personnes et sécurisée pour l’entreprise.

FAQ : les 10 questions fréquentes

En 10 Questions

  • Peut-on démissionner sans préavis en CDD ?

    Non, sauf embauche en CDI ou faute grave de l’employeur.

  • L’employeur peut-il refuser une démission immédiate ?

    Oui, sauf cas légaux.

  • Quels risques en cas de départ sans autorisation ?

    Indemnités et perte de salaire.

  • Est-on payé pendant un préavis non effectué ?

    Non, sauf dispense par l’employeur.

  • Droit au chômage ?

    Oui, uniquement si la démission est légitime.

  • Faut-il motiver la lettre ?

    Non, sauf pour appuyer une demande de dispense.

  • Peut-on négocier un départ immédiat ?

    Oui, si l’accord est écrit.

  • L’employeur peut-il imposer une démission ?

    Non.

  • Préavis en période d’essai ?

    Oui, mais plus court (24–48 h)

  • Lettre remise en main propre ?

    Idéalement oui, contre signature.